Walden ou la vie dans les bois (illustré) par Henry David Thoreau

Walden ou la vie dans les bois (illustré) par Henry David Thoreau

Titre de livre: Walden ou la vie dans les bois (illustré)

Auteur: Henry David Thoreau

Broché: 320 pages

Date de sortie: April 26, 2017

Henry David Thoreau avec Walden ou la vie dans les bois (illustré)

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Extrait de la préface :

En octobre 1913 j’allai parler à André Gide d’un livre écrit en langue anglaise, paru en Amérique vers 1854, alors récemment venu à ma connaissance, livre qu’il me semblait expédient de faire lire à nos compatriotes.

Il est grave de prendre seul la responsabilité qui consiste à affirmer le premier à son pays la valeur d’une œuvre étrangère. J’ai connu l’hésitation autour de moi, et parmi les esprits les plus avertis au regard de la littérature, à admirer les Livres de la Jungle aussi bien que l’œuvre subséquent de Rudyard Kipling. J’ai, durant des années, emporté dans mon bagage, au cours de mes déplacements, une large photographie de la Création de l’Homme de la Sixtine, pour la clouer partout à mon chevet, dans le temps que je traduisais les Feuilles d’Herbe, par là m’assurer que je ne m’abusais pas, que les deux hommes, Walt Whitman et Michel Ange, étaient deux sommets d’égale altitude. Ignorant alors que je serais devancé par Léon Bazalgette. Il s’agissait maintenant d’un second Américain, contemporain de Walt Whitman, animé comme lui du souffle de vérité qui semble avoir passé sur les États-Unis au moment où allait être résolue à jamais la question de l’esclavage nègre. Tous deux issus de Ralph Waldo Emerson, leur aîné d’une quinzaine d’années. Ce nouvel écrivain, dont je croyais devoir interpréter l’œuvre, était Henry David Thoreau, et l’œuvre avait pour titre Walden, ou la Vie dans les Bois.

Or, incident qui me paraît valoir d’être ici mentionné, André Gide, avant que j’eusse prononcé nom d’auteur ni titre d’ouvrage, mais sur la nature du bien que je lui disais des deux, sourit, porta la main à sa poche, en tira un livre, qu’il me tendit. C’était Walden, et il en avait, me dit-il, entrepris la traduction quelques jours auparavant. Nous nous rencontrions à un carrefour. Mon instinct devenait certitude. En l’aimable fraternité que nous lui connaissons, et sachant que je m’étais fait métier de donner à notre pays la version de ce que je sentais lui être profitable, il m’abandonna généreusement le privilège de traduire Walden. Je l’en remercie publiquement ici. Je viens de vivre sept années en communion parfaite avec la pensée de Henry David Thoreau, sept années, oui, j’ose le dire, si hauts sont les sommets dont il s’agit, sept années au dessus de la mêlée, parfois peut-être non sans effort ni lutte intérieure, dans le silence de la solitude, pour ne pas y descendre, mais au cours desquelles toujours en moi a triomphé le sentiment que mon devoir, puisque je ne me trouvais pas appelé sur la première ligne du front de bataille, était de traduire ce livre pour la France, pour la France destinée peut-être en sa mission dans le monde à faire de cette source pure encore un fleuve, un fleuve, celui-ci, débordant de sagesse et d’amour de la vie. Années où aidé des leçons de la guerre j’ai mis, en ce qui me concerne, l’esprit du livre en pratique, et, ce faisant, ai conquis le bonheur, bonheur tel, que, pour rappeler une citation de l’auteur de Walden, l’ennemi vînt-il à prendre la ville, j’en sortirais, il se peut, nu, mais ce bonheur entier dans les bras.

Si l’on me demande qui est Henry David Thoreau, habitué que l’on est, en un fâcheux pharisaïsme, beaucoup plus à se montrer curieux de la personnalité ou des faits et gestes du sage, voire l’adorer, sinon adorer ses vieux ustensiles, qu’à mettre en pratique ses enseignements ou l’imiter d’exemple, je répondrai que, arrière-petit-fils du Français Philippe Thoreau, qui avait émigré de l’île de Jersey à Boston, mais pourvu du côté des femmes de bonne part de sang écossais, il naquit à Concord, Massachusetts, le 12 juillet 1817. De taille moyenne, paraît-il, il avait le visage vermeil de ceux qui aiment sentir sur la joue le baiser du grand air, des yeux bleu-gris sous des cheveux bruns, et le puissant nez émersonien. Il fit ses premières études à l’école de Concord, et plus tard, en 1837, grâce à l’affection de sa sœur Helen, elle-même...